Quand la solidarité éclaire les ténèbres
C’est avec une grande humilité que je souhaite partager mon expérience avec Monique, une jeune fille de quinze ans présentant une déficience intellectuelle modérée.
Lorsque j’ai commencé à travailler avec elle il y a trois ans, en pleine crise de la COVID-19, je n’avais aucune idée de ce que ce parcours allait nous réserver.
Monique avait subi un profond rejet social tout au long de son enfance. Elle avait changé d’école à plusieurs reprises, et personne ne semblait capable de trouver la solution pour la sortir de la détresse dans laquelle elle — ainsi que ses parents — vivait.
Les gens disaient à sa mère des choses comme : « Monique est un cas
désespéré », et son père devait souvent quitter son travail parce que l’école l’appelait pour lui demander de venir la chercher.
Je ne savais rien de tout cela lorsque j’ai commencé à l’accompagner sur ce chemin semé d’embûches. Mais je souhaitais sincèrement aider cette adolescente et soutenir une famille qui traversait manifestement une période très difficile.
Afin d’améliorer la situation de Monique et ses résultats scolaires, plusieurs mesures ont été mises en place pour la soutenir, ainsi que sa famille. Depuis trois ans, un accompagnement psychologique lui est proposé afin de renforcer sa conscience de soi et de l’aider à surmonter son handicap mental. Parallèlement, un programme de cours de rattrapage a été mis en place pour améliorer ses résultats scolaires et permettre à ses talents de s’épanouir.
Aujourd’hui, elle est capable de communiquer via WhatsApp, de convertir des dollars en livres libanaises, a découvert ses talents culinaires et peut désormais nouer des relations avec les autres.
Au bout de trois ans de ce parcours, Monique a acquis une bien plus grande confiance en elle — et le plus beau dans tout cela, c’est que sa famille la voit désormais sous un tout autre regard !
Avec du temps, de la patience, de la persévérance et, surtout, de l’amour, nous avons pu aider Monique à devenir une personne pleinement intégrée dans la société, et non plus quelqu’un mis à l’écart par celle-ci.
La relation que j’ai nouée avec sa famille s’est approfondie au fil du temps. Sa mère a même commencé à me demander de l’aide pour d’autres difficultés auxquelles elle était confrontée.
Pour résumer, il ne s’agissait pas seulement de compétences personnelles : c’est l’amour qui a permis à ce miracle de se produire.

